117. Brian Levine

Glenn Gould at piano / Glenn Gould au piano
Glenn Gould at piano, c. 1968 / Glenn Gould au piano, vers 1968
Robert Ragsdale, LAC | BAC

Brian Levine is the Executive Director of the Glenn Gould Foundation.

The Glenn Gould Foundation presents Canada’s global award for lifetime artistic achievement, the Glenn Gould Prize. My Ontario moment came when we honoured Dr. José Antonio Abreu, founder of El Sistema, the South American program bringing free music education to impoverished youth. We brought the two-hundred-and-fifty-member Simón Bolívar Youth Orchestra to Toronto for a week of performances and educational events. The culminating event was an incredible concert at the Rogers Centre for an audience of over thirteen thousand high school students from across Ontario. They listened to this inspiring but unfamiliar music in silence, engrossed and thrilled, exuding love and respect for our young musical ambassadors from South America. At the end of the performance, the audience erupted in cheers and rushed the stage. It could have been a rock concert! Months of planning and hard work paid off beyond our wildest dreams. This led to the formation of Toronto’s own thriving Sistema program. Music unites us all.


Brian Levine est le directeur général de la Fondation Glenn Gould.

Le Prix Glenn Gould est un prix canadien accordé à des personnes du monde entier pour l’ensemble de leur œuvre artistique. Mon sentiment d’appartenance à l’Ontario a coïncidé avec la remise de ce prix à José Antonio Abreu, fondateur d’El Sistema, un programme sud-américain d’enseignement gratuit de la musique à des jeunes défavorisés. L’orchestre Simón Bolívar, composé de jeunes musiciens, s’est produit à Toronto. Ces jeunes ont présenté des concerts et assisté à des activités éducatives. Le point culminant a été un concert au Centre Rogers, auquel ont assisté plus de 13 000 élèves d’écoles secondaires de l’Ontario. Ces jeunes ont écouté cette musique inspirante qui leur était pourtant étrangère. Ils l’ont fait dans un recueillement empreint d’intensité, d’amour et de respect pour ces jeunes ambassadeurs de la musique. Après la dernière note, les applaudissements ont fusé et le public s’est précipité sur la scène. On aurait dit un concert de rock! Après des mois de planification et de travail ardu, ce projet récoltait un succès allant bien au-delà de nos espérances — tant et si bien que Toronto s’est maintenant doté de son propre programme Sistema, qui est florissant. La musique n’a pas de frontières.

118. Michael McLuhan

Marshall McLuhan
Marshall McLuhan
JOhn Reeves, LAC | BAC

Michael McLuhan is the youngest of Marshall and Corinne McLuhan’s six children. He now calls the Bruce Peninsula home.

My father’s relentless inquisitiveness drove him to explore all sorts of unique places both physically and intellectually. In the 1950s and early 1960s, he was away most weekends giving lectures. I think he enjoyed his engagement with colleagues as much as the clamour of six children at home.

Returning to Toronto from a year teaching in New York, children gone, my parents found a place of peace among the bustle of the city. In Wychwood Park, overlooking a pond on a large lot, the house was secluded but in the heart of the city he called home. His wanderlust dissipated. He found his place. His home became a Mecca for great minds to visit and congregate. Novelists, composers, artists, historians, scientists, politicians, visionaries of all stripes came to seek him out. Feet up, beer in hand, he continued his explorations. We are all enriched by this legacy.


Michael McLuhan est le benjamin des six enfants de Marshall et Corinne McLuhan. La péninsule Bruce est maintenant son « chez-soi ».

L’insatiable curiosité de mon père l’a poussé à explorer, physiquement et intellectuellement, toutes sortes de lieux uniques. Dans les années 1950 et au début des années 1960, il allait donner des conférences pratiquement toutes les fins de semaine. Je pense qu’il aimait sa collaboration avec ses collègues autant que le bruit de ses six enfants à la maison.

De retour à Toronto après une année d’enseignement à New York, les enfants partis, mes parents ont trouvé un endroit paisible dans l’agitation de la ville. Dans Wychwood Park, avec la vue sur un étang et un grand terrain, la maison était isolée, mais au cœur de la ville qui était la leur. L’envie de voyager de mon père se dissipa. Il avait trouvé sa place. Sa maison est devenue un lieu où les grands esprits se donnaient rendez-vous et se rassemblaient. Des romanciers, des compositeurs, des artistes, des historiens, des scientifiques, des politiciens, des visionnaires de tous horizons venaient le retrouver. Les pieds bien installés sur un tabouret, une bière à la main, il poursuivait ses explorations. Nous sommes tous enrichis de cet héritage.

119. Deepa Mehta

Deepa Mehta
Deepa Mehta
Deepa Mehta Productions

Deepa Mehta, OC, OOnt is a film director and screen writer. Her films include Midnight’s Children and Water.

As I am an immigrant from India, Canada wasn’t home to me for some time. Emotional commitment to another homeland doesn’t necessarily happen with a piece of paper. It was when I was making my film Water, and had to stop the shoot in India due to backlash, that I felt the need for safety. With my effigy burned and our sets destroyed, and random violence by mobs, safety became a huge issue. And as I cried (with relief) on the flight back to Canada, I realized how Toronto had become that cocoon of security, which made it home. For the first time I equated home with physical safety. I’ve always said that, if India gives me my stories, Canada gives me the freedom to express them. I am honoured to call myself an Indo-Canadian. What makes Ontario what it is is diversity, open-mindedness, and freedom to express oneself and one’s culture without judgement. I am thankful to be part of such a community.


Deepa Mehta, OC, OOnt est une scénariste et réalisatrice. Parmi ses œuvres cinématographiques figurent Midnight’s Children et Water.

Pour moi, immigrante indienne, il a fallu un certain temps avant que j’aie le sentiment d’être chez moi au Canada. On ne s’enracine pas dans un pays à la réception de son visa d’immigration. En fait, c’est lorsque j’ai réalisé mon film Water, et que j’ai été obligée d’interrompre le tournage en Inde en raison des réactions qu’il provoquait, que j’ai éprouvé le besoin de me sentir en sécurité. Lorsque la foule a brûlé mon effigie, a détruit les décors et s’est livrée à une violence aveugle, la question de la sécurité est devenue capitale. Tandis que je pleurais de soulagement dans l’avion qui me ramenait au Canada, je me suis rendu compte que Toronto était devenue mon havre de sécurité, et donc mon « chez-moi ». Pour la première fois, j’ai associé le mot « maison » et « sécurité physique ». J’ai toujours dit que si l’Inde m’inspire des histoires, c’est le Canada qui me donne la liberté de les raconter. Je suis honorée de m’identifier comme indo-canadienne. Ce qui fait que de l’Ontario ce qu’il est, c’est sa diversité, son ouverture d’esprit, sa liberté d’expression et sa culture du non-jugement. Quand je pense que j’appartiens à cette collectivité, je suis remplie de gratitude.

120. Anar Ali

You’ve Changed
You’ve Changed, 2012
Jimmy Limit/Jesse Harris

Anar Ali is a writer whose story collection, Baby Khaki’s Wings, was a finalist for Ontario’s Trillium Book Award.

When I first moved to Toronto from Alberta, I ached for the endless blue of Prairie sky. I felt closed in by the city’s concrete skyline. Eventually, I met other exiles — people who, like me, had come to the city from around the country and the world with a dream. Mine was to become a writer. Most of us lived south of Queen Street West so we jokingly dubbed our new posse, SOQU — though years later, the name still endures — and it was over these years that we helped each other turn our dreams into reality. Now, many of us live elsewhere. New Delhi, Los Angeles, London, Mexico. A constellation of cities around the world. But it is still SOQU, still Toronto that tethers us, our North Star in a boundless night sky.


Anar Ali est une auteure dont le recueil de récits Baby Khaki’s Wings a été finaliste du concours pour le prix littéraire Trillium de l’Ontario.

Quand j’ai quitté l’Alberta pour aller vivre à Toronto, j’avais la nostalgie du ciel bleu infini des Prairies. Je me sentais prise au piège par les gratte-ciel qui découpaient l’horizon tels des remparts de béton. Au fil du temps, j’ai rencontré d’autres exilés — des gens qui, comme moi, avaient dû quitter leur région du pays et du monde pour migrer vers la ville et y vivre leur rêve. Le mien était de devenir auteure. La plupart d’entre nous vivaient au sud de la rue Queen Ouest, et, à la blague, nous avions à l’époque surnommé notre groupe le SOQU. Plusieurs années plus tard, le sobriquet subsiste toujours, vestige de cette période où nous nous sommes mutuellement aidés à faire de nos rêves une réalité. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous n’y habitent plus. New Delhi, Los Angeles, Londres, Mexico : une constellation de villes à travers le monde. Et c’est toujours SOQU, toujours Toronto, qui demeure notre port d’attache, notre étoile du Nord qui brille dans un ciel nocturne sans fin.

121. Charlotte Gray

Susanna Moodie (detail / détail)
Susanna Moodie (detail | détail)
Charles Pachter

Charlotte Gray, CM is an award-winning Canadian historian and author.

When I landed in Ontario in 1979, I was stunned by my new home’s magnitude. Lakes that met the sky. Rivers wider than an eight-lane British motorway. Forests stretching northward forever. The teeth-chattering cold of an Ottawa winter and the melting summer humidity

It was all so extreme. I found much to love, but I also felt a fierce homesickness for life on a smaller scale.

Then I discovered another British immigrant who had felt the same ambivalence. Susanna Moodie arrived in the 1830s, and went on to write Roughing It in the Bush. Like me, she took a while to settle (“how my spirit tires, in the dark prison of [the] boundless woods”). But she gradually put down roots, felt liberated from the restrictive conventions of her motherland, and re-invented herself. Subsequent waves of newcomers, including me, have enjoyed the same freedom. I relish the literary sisterhood across the centuries.


Charlotte Gray, CM est une historienne et auteure canadienne primée.

Lorsque j’ai atterri en Ontario en 1979, j’étais étonnée par la magnitude de mon nouveau pays. Des lacs qui rencontraient le ciel. Des rivières plus larges qu’une autoroute britannique à huit voies, des forêts s’étendant vers le Nord à tout jamais. Le froid à faire claquer des dents un jour d’hiver à Ottawa, et l’humidité de la fonte d’été.

C’était tellement extrême. J’ai trouvé beaucoup à aimer, mais j’ai également éprouvé un mal du pays féroce pour la vie à une plus petite échelle.

Puis, j’ai découvert une autre immigrante britannique qui avait ressenti la même ambivalence. Susanna Moodie est arrivée au cours des années 1830, et a entrepris d’écrire Roughing It in the Bush. Comme moi, il lui a fallu un certain temps pour s’établir. Mais elle s’est graduellement enracinée, s’est sentie libérée des conventions restreignantes de son pays natal, et s’est réinventée elle-même. Les vagues subséquentes de nouveaux venus, dont moi, ont joui de la même liberté. Je savoure la sororité littéraire à travers les siècles.

122. Chaviva Hosek

Margaret Atwood
Margaret Atwood
Chris Young

Chaviva Hosek, OC is the former President and CEO of the Canadian Institute for Advanced Research.

I came to Canada when I was six, was raised in Montreal, and spent five years in the United States in graduate school. When I returned to Canada in 1972, I came to Ontario to live in Toronto. This period coincided with the rise of a great public interest in Canadian literature, and it was here in Ontario that I was introduced to the poetry of Margaret Atwood, James Reaney, Dennis Lee, Al Purdy, Raymond Souster, and so many others. Over the years, they and other writers have enriched my understanding of my country and the lives of people with experiences and histories very different from mine.


Chaviva Hosek, OC est l’ancienne présidente-directrice générale de l’Institut canadien de recherches avancées.

Je suis arrivée au Canada à l’âge de 6 ans, j’ai grandi à Montréal, puis j’ai fait mes études supérieures aux États-Unis, pendant cinq ans. Lorsque je suis revenue au Canada, en 1972, j’ai choisi l’Ontario, et plus particulièrement Toronto. Ces années-là coïncidaient avec un tout nouvel intérêt public pour la littérature canadienne, et c’est ici en Ontario que j’ai découvert la poésie de Margaret Atwood, de James Reaney, de Dennis Lee, d’Al Purdy, de Raymond Souster et de bien d’autres auteurs. Au fil des années, ces écrivains ont approfondi ma compréhension de ce pays et de la vie des gens qui l’habitent, et dont le vécu et le récit diffèrent tant des miens.

123. James Mishibinijima

Thunder Mountain, Tamarack Harbour
Thunder Mountain, Tamarack Harbour
James Mishibinijima

James Mishibinijima is an Ojibway artist whose paintings depict legends passed on by Elders over generations.

I was born and raised in Wikwemikong Unceded Indian Reserve on Manitoulin Island. My mother raised twelve children in a two-storey, fifteen-by-eighteen-foot home, my father worked as a lumber man most of his life, coming home once or twice a month.

Our main food sustenance came from the family garden, where everyone took charge cleaning it from weeds or stray animals who might enter it. Our house each winter required fifteen to twenty cords of maplewood depending on the cold.

Stories told in Native culture became a purpose for Mishibinijima only to know that nothing’s impossibly hard once your mind is set.

We as Canadians need to set examples and think, “Where did you come from and how can you make it better”.


James Mishibinijima est un artiste ojibwé dont les tableaux décrivent les légendes que les anciens transmettent de génération en génération.

Je suis né et j’ai été élevé sur la réserve indienne non cédée de Wikwemikong, sur l’île Manitoulin. Ma mère a élevé douze enfants dans une maison à deux étages de 15 par 18 pieds. Mon père a exercé le métier de plombier presque toute sa vie et venait nous voir une ou deux fois par mois.

Notre nourriture quotidienne, nous la trouvions surtout dans le jardin potager que notre famille entretenait avec soin, y arrachant les mauvaises herbes et y guettant les animaux errants. Chaque hiver, selon la rigueur du climat, il nous fallait 15 à 50 cordes de bois pour nous chauffer.

Les histoires de la culture autochtone dont Mishibinijima ne se lassait pas lui ont permis de comprendre que rien n’est impossible à qui est décidé.

Nous, peuple canadien, nous devons donner l’exemple et nous demander continuellement : « d’où viens-tu et comment peux-tu améliorer les choses ».

124. Sarah Stanners

Group of Seven / Group des Sept
Group of Seven / Group des Sept, 1920
AP | APO

Sarah Stanners is the Chief Curator of the McMichael Canadian Art Collection and is currently compiling the Jack Bush catalogue raisonné.

Not all members of the Group of Seven are in the iconic photograph of the Group of Seven at Toronto’s Arts and Letters Club. Moving clockwise from the foreground are AY Jackson, FH Varley, Lawren Harris, Barker Fairley (not a member), Frank Johnston, Arthur Lismer, and JEH MacDonald. Franklin Carmichael is missing from the photo.

Something else is missing: women. While the Group actively supported women artists, art back then was a gentleman’s pursuit. As a student in 2003, I sat at the same table at the Art Committee at Hart House where Harris sat nearly one hundred years ago. Until 1972, membership was forbidden to women.

Today, I am the Chief Curator of the McMichael Canadian Art Collection in Kleinburg, Ontario. It is heartening to know that the opportunities I have enjoyed as a woman working in the arts in Ontario will be enjoyed by my two daughters, now and into the future.


Sarah Stanners est la conservatrice en chef de la Collection McMichael d’art canadien; elle prépare actuellement le catalogue raisonné de Jack Bush.

Ce ne sont pas tous les membres du Groupe des Sept qui figurent sur la photo emblématique que l’on peut voir au Arts and Letters Club de Toronto. À partir de l’avant-plan, dans le sens horaire, on y aperçoit AY Jackson, FH Varley, Lawren Harris, Barker Fairley (non membre), Frank Johnston, Arthur Lismer et JEH MacDonald. Franklin Carmichael est absent sur la photo.

Il manque cependant autre chose : des femmes. Même si le Groupe des Sept soutenait activement les femmes artistes, l’art était principalement une affaire d’hommes à cette époque. En 2003, en tant qu’étudiante, je me suis assise à la même table du Art Committee, à la Hart House, à l’endroit précis où Harris Sam avait pris place il y a près de 100 ans. Jusqu’en 1972, l’adhésion a été interdite aux femmes.

Aujourd’hui, j’occupe le poste de commissaire en chef de la Collection McMichael d’art canadien à Kleinburg en Ontario. Il est réconfortant de savoir que les occasions dont j’ai pu profiter en tant que femme qui travaille dans le milieu des arts en Ontario se présenteront également à mes deux filles, maintenant comme plus tard.

125. Robert Young

Portrait
Portrait
Courtesy | Gracieusté de R. Young

Robert Young is a raconteur. His aptitude for storytelling is exemplified through his work in literature, film, and photography.

I Am a first-generation Canadian, born and raised in Ontario. Although the culture of Jamaica, through its food, music, and ritual, was passed down to me by my parents, Ontario was the only place I ever heard them call home. I always wondered why they never talked about returning to the Caribbean. What is it about this region that they loved so much? The answer would come to me as an adult as I returned home, after fifteen years living abroad, to capture portraits of women who reside in Ontario but whose families hail from over forty different nations. It was in the midst of this great creative and cultural experiment that I realized the magnetism of a place that chooses to celebrate our differences by embracing them as our common ground.

Ontario is a microcosm of our world. The Ontario that is… is the Ontario I Am.


Robert Young est un conteur. Ses qualités à ce titre sont d’ailleurs mises en évidence dans les domaines de la littérature, du cinéma et de la photographie.

Je SUIS un Canadien de première génération; je suis né et j’ai grandi en Ontario. Bien que mes parents m’aient transmis la culture jamaïcaine — nourriture, musique, rituels —, ils ont toujours parlé de l’Ontario comme de notre chez-nous. Je me suis toujours demandé pourquoi ils n’ont jamais évoqué un retour dans les Caraïbes. Pourquoi aimaient-ils autant cette région? J’ai compris lorsque je suis retourné à la maison après avoir passé 15 ans à l’étranger. J’y ai capté des portraits de femmes qui demeuraient en Ontario et dont les familles provenaient de 40 différents pays. C’est alors que j’ai réalisé, au cours de cette expérience extrêmement créative et culturelle, le magnétisme d’un lieu qui célèbre nos différences en les intégrant dans notre tissu social commun.

L’Ontario est un microcosme de notre monde. L’Ontario est l’Ontario que je SUIS.

126. Joseph Boyden

Chanie
Chanie
Pearl (Wenjack) Achneepineskum

Joseph Boyden, CM is a writer, teacher, and the award-winning author of Three Day Road, Through Black Spruce, and The Orenda.

Chanie.

Fifty years to the day after an Ojibwe boy named Chanie Wenjack died of exposure by some railroad tracks, some friends and I released our projects in order to honour him.

Gord Downie’s is The Secret Path, a spare and gorgeous album accompanied by Jeff Lemire’s graphic novel. I released Wenjack, a fictionalized account of Chanie’s last days as he struggles through frigid Northern Ontario to get home after fleeing his abusive residential school. Poor Chanie didn’t know that home was six hundred kilometres away.

We did this, in part, to honour the thousands of Ontario children who were forcefully taken from their homes and families and culture over the course of seven generations. And now, as Ontario and the rest of the country peers into our next one hundred and fifty years, our next seven generations, we hope that the name Chanie lives on in testimony to our province and country finding reconciliation.


Joseph Boyden, CM est un auteur primé pour ses romans Three Day Road, Through Black Spruce et The Orenda, qui se consacre aussi à l’enseignement.

Chanie.

Cinquante ans, jour pour jour, après qu’un garçon ojibwa nommé Chanie Wenjack est mort de froid près d’une voie ferroviaire, certains amis et moi-même avons communiqué nos projets pour l’honorer.

The Secret Path de Gord Downie est un album sobre et fabuleux, accompagné d’un récit illustré par Jeff Lemire. J’ai publié Wenjack, un récit fictif des derniers jours de Chanie alors qu’il se débattait dans le nord glacial de l’Ontario, pour retourner chez lui après avoir fui son pensionnat abusif. Le pauvre Chanie ne savait pas que sa maison était à 600 kilomètres de distance.

Nous avons fait ceci en partie pour honorer les milliers d’enfants ontariens qui ont été retirés de force de leurs demeures, de leurs familles et de leur culture au cours de sept générations. Et maintenant, comme l’Ontario et le reste du pays scrutent l’avenir pour les 150 prochaines années, ou les sept prochaines générations, nous espérons que le nom de Chanie perdure en témoignage de la réconciliation avec la province et le pays.