22. Seth

Farmhouse lane / Le chemin de la ferme
Farmhouse lane | Le chemin de la ferme
Seth

Seth is the cartoonist behind the long-running series PALOOKAVILLE. He lives in Guelph with his wife, Tania.

In most Ontario towns you can still find an old fairgrounds. Still vital, the setting for a pumpkin or corn festival, yet somehow they seem a part of the past now. I recall the fairgrounds from our little town. Night images of crowds, a midway, fireworks. Or emptied of people. Quiet. Waiting.

Its most striking feature, a wooden grandstand that towered over a harness-racing track. Often, on summer evenings, I‘d lazily prowl the empty grounds. I remember feeling a strange sensation in that dim, lonely place. I felt it most strongly when climbing the high grandstand bleachers. A kind of delicious boredom. Some sort of shiver. Not every feeling has a name, I guess.

That grandstand looms large in my memories still. It’s long gone now. Even the race track is gone. Though if you look closely, there remains a ghost oval of its shape in the brown grass.


Seth est le bédéiste créateur de la série PALOOKAVILLE. Il vit à Guelph avec sa femme Tania.

Dans la plupart des villes de l’Ontario, on peut toujours trouver un ancien parc d’exposition. Hauts lieux des festivals de la citrouille ou du maïs, ces parcs d’importance vitale semblent maintenant faire partie du passé. Je me souviens du parc d’exposition de notre petite ville. Des images des foules, des attractions et des feux d’artifice en pleine soirée. Ou je revois le parc déserté. Tranquille. En attente.

Sa structure la plus imposante : des gradins en bois surplombant une piste de chevaux de course. Souvent, pendant les soirs d’été, je flânais dans le parc désert. Je me souviens d’avoir ressenti une sensation étrange dans ce lieu sombre, peu fréquenté. Cette sensation était encore plus forte quand j’ai grimpé dans les hauts gradins. Un délicieux ennui s’emparait de moi. J’en avais des frissons. J’imagine qu’il n’y a pas de mots pour décrire toutes les sensations.

Ces gradins prennent encore beaucoup de place dans mes souvenirs. Ils ne sont plus là depuis longtemps, la piste de course aussi. Mais si on regarde bien, on peut voir dans l’herbe brune son fantôme de forme ovale.

23. Ernie Eves

Windsor
Windsor, 1958
Archives of Ontario | Archives publiques de l’Ontario

Ernie Eves served as the twenty-third Premier of Ontario (2002–2003).

All Canadians, with the exception of Indigenous people, are immigrants or their descendants, each with unique experiences. My father’s family from England settled on Wolfe Island in the 1840s before relocating to Windsor, Ontario. My mother’s parents left Ukraine buoyed by the hope of freedom and opportunity for their eleven children and settled in Mundare, Alberta in the early 1900s.

Immigrants are often initially regarded as strange, backward, and perhaps even suspicious, but they and their children and grandchildren actually help to shape the very fabric of Canadian society. Canada is a vibrant mixture of people of many racial, religious and cultural backgrounds where we all have the freedom to pursue our dreams and to participate in society without prejudice or persecution.

Where else would the son of a blue-collar family and the grandson of non-English-speaking immigrants be able ‑to become Premier of Canada’s most diverse province. What an honour and privilege to be able to give back and participate in the mosaic that is Canada.


Ernie Eves a été le 23e premier ministre de l’Ontario de 2002 à 2003.

Tous les Canadiens, à l’exception des Autochtones, sont des immigrants ou leurs descendants, chacun ayant des expériences uniques. La famille de mon père, originaire de l’Angleterre, s’est établie sur l’île Wolfe au cours des années 1840, avant de déménager à Windsor, en Ontario. Les parents de ma mère ont quitté l’Ukraine, soutenus par l’espoir de liberté et de possibilités pour leurs onze enfants, et se sont installés à Mundare, en Alberta, au début des années 1900.

Initialement, les immigrants sont souvent considérés comme étranges, arriérés et peut être même suspects, mais en fait, eux et leurs enfants et petits-enfants aident à façonner le tissu même de la société canadienne. Le Canada est une combinaison dynamique de personnes ayant de nombreux antécédents raciaux, religieux et culturels différents, alors que nous avons tous la liberté de poursuivre nos rêves et de participer à la société sans préjugés ou persécution.

Où d’autre le fils d’une famille de cols bleus et petit-fils d’immigrants ne parlant pas l’anglais pourrait devenir premier ministre de la province la plus diverse du Canada? Quel honneur et quel privilège de pouvoir redonner et participer à la mosaïque qu’est le Canada.

24. Daniel Poliquin

Sandy Hill, Ottawa / Côte de Sable, à Ottawa
Sandy Hill, Ottawa | Côte de Sable, à Ottawa
Christopher Ryan

Daniel Poliquin, OC is a novelist and translator who lives in Ottawa’s Sandy Hill neighbourhood.

Home to me is Sandy Hill, a historic neighborhood in Ottawa, close to Parliament Hill, home as well to a perennially transient population of students, diplomats, politicians, civil servants, all nostalgic for their real home. I grew up there in the 1950s and 1960s. The place had been deserted by the rich and powerful, who had left behind their stately homes then converted into boarding houses. The place was teeming with large French-Canadian families, low-level functionaries, and dirt-poor immigrants. Social life was centred around the parish, we-French Canadians lived mostly in French, but prejudice was rampant. We felt tolerated though, as did the Jewish shopkeepers and the Italian workers who paved the streets. Now totally gentrified, Sandy Hill is tony once more but the population still has itchy feet. And prejudice is now really a thing of the past. Home is better now.


Daniel Poliquin, OC est un romancier et traducteur qui vit dans le quartier Sandy Hill d’Ottawa.

Ma patrie, c’est la Côte de Sable, un quartier historique d’Ottawa près de la Colline du Parlement, qui était aussi la patrie temporaire d’une foule d’étudiants, de diplomates, de fonctionnaires, tous nostalgiques de leur vraie patrie. J’y ai grandi dans les années 50 et 60. Le lieu avait été alors déserté par la classe patricienne, qui avait laissé derrière ses belles demeures, désormais converties en maisons de chambres. Y habitaient des familles canadiennes-françaises nombreuses, des petits fonctionnaires, des immigrants pauvres comme Job. La vie sociale tournait autour de la paroisse, on y vivait surtout en français, et les préjugés étaient tenaces. Nous nous sentions tolérés toutefois, tout comme les boutiquiers juifs et les travailleurs italiens qui pavaient les rues. Quartier aujourd’hui entièrement gentrifié, la Côte de Sable a retrouvé sa splendeur d’antan et ses habitants sont toujours oiseaux sur la branche. Mais l’intolérance n’y est plus de saison. Ma patrie n’en vaut que mieux.

25. James Bartleman

Port Carling
Port Carling
Mapio

The Hon. James Bartleman, OC, OOnt served as the twenty-seventh Lieutenant Governor of Ontario (2002–2007).

The days sped by dreamlike that summer of 1946 when I was six and my family lived in a war-surplus tent on the Dump Road in Port Carling. Each morning, I hunted comic books in the garbage and was never disappointed. Later, I hung out with cousins at the Indian Camp, where the white pines were giants, where the ground was covered three inches deep with needles, where well-swept pathways led from cabin to cabin and where the air was filled with the fragrance of sweetgrass. The highlight of my day was the arrival in his canoe of my grandfather with his catch of lake trout to sell to waiting cottagers. And in the evenings, my mother would arrive with the rest of the family to share dinner with her relatives and to gossip into the night around a campfire in the muffled musical language of her people.


L’honorable James Bartleman, OC, OOnt a été le 27e lieutenant-gouverneur de l’Ontario de 2002 à 2007.

Les journées filaient à toute allure en cet été de 1946. J’avais six ans et je vivais avec ma famille dans une tente de surplus militaire sur la Dump Road (le dépotoir) comme on appelait cette route à Port Carling. Chaque matin, je fouillais les déchets à la recherche de bandes dessinées et je n’étais jamais déçu. Plus tard, mes

cousins et moi allions traîner au village indien, où les pins blancs étaient gigantesques, où le sol était recouvert d’un tapis d’aiguilles de trois pouces d’épaisseur, où des sentiers bien entretenus nous facilitaient le passage d’une cabane à l’autre et où l’odeur du foin nous emplissait les narines. Le meilleur moment de la journée, c’était quand mon grand-père revenait de la pêche à bord de son canot rempli de truites grises qu’il vendait aux propriétaires de cabanes qui l’attendaient sur le quai. Le soir, ma mère arrivait avec le reste de la famille; on soupait ensemble avec sa parenté et on passait la soirée autour d’un feu de camp à écouter parler son peuple dans une langue musicale au son étouffé.

26. Scott Thornley

Hamilton
Hamilton
Joseph Hartman, courtesy | gracieuseté de Stephen Bulger Gallery

Scott Thornley, graphic designer and storyteller, was raised in Hamilton, the setting of his three MacNeice mystery novels.

You can leave your hometown, but your hometown never leaves you. Hamilton is in my blood for good. I grew up believing it was beautiful. I still do. Even the burnt red towers spewing flame, fumes, and smoke, and the fine ash dusting on clothes hung out to dry.

Half of our fathers disappeared into those waterfront factories where night and day disappeared. All to keep Canada in tractors, tires, rail cars, refrigerators, soap, steel, and much, much more.

The clay of me was shaped and fired on the side of the mountain — on Van Wagner’s pebbled beach, listening to the hiss of stones rolling in the surf; at Princess Point, skating on thin ice; or catching turtles in Cootes Paradise. The most magical of all was lying on the grass in Gage Park, staring up at the night sky, talking reverently about the future. These experiences inform my worldview.


Scott Thornley, concepteur graphique et écrivain, a grandi à Hamilton, ville où se déroule l’action de ses trois romans policiers de la série MacNeice.

Vous pouvez quitter votre lieu de naissance, mais celui-ci vous habite toujours. Hamilton coule inlassablement dans mes veines. Enfant, je trouvais la ville belle. C’est encore le cas. Même les tours rouge brûlé crachant des flammes, des vapeurs et de la fumée, même la fine couche de cendres sur les vêtements mis à sécher.

La moitié de nos pères ont disparu dans ces usines riveraines, où la nuit se confondait avec le jour. Tout cela pour approvisionner le Canada en tracteurs, en pneus, en wagons, en réfrigérateurs, en savon, en acier, et j’en passe.

Mes souvenirs d’enfance sont enracinés aux pieds de la montagne, sur la plage de galets Van Wagner’s, j’entends encore les pierres rouler dans l’eau, je me revois patiner sur la mince couche de glace à Princess Point et attraper des tortues à Cootes Paradise. Le moment le plus magique, c’est celui où je m’étendais sur le gazon de Gage Park et je regardais le ciel étoilé en rêvant à ce que l’avenir me réservait. Ces expériences ont façonné ma vision du monde.

27. Ken Pierce

Elliot
Elliot Lake Mining Monument | Monument aux mineurs d’Elliot Lake
Richard Mitchell

Ken Pierce and his wife, Anne, raised three children in Elliot Lake and have lived there for over fifty-nine years.

Elliot Lake, Northern Ontario 1955, Uranium Boom Town. Uranium had been discovered, and the United States wanted all they could get to enhance their stockpiles. Eleven mines were developed and in production. The town of Elliot Lake was carved out of the forest. Houses, churches, stores, etc., were built. In 1961 the Americans cancelled further sales. All mines closed except two. The population dropped from twenty thousand to seven thousand. In 1970 demand rose once again and four mines operated until 1992 when three closed. The last mine closed in 1996. The city turned to retirement living and was very successful. Advertised as a “Jewel in the Wilderness,” and situated in a land of lakes and maple trees, it truly is. I came to Elliot Lake in 1957 as a twenty-year- old. Anne and I raised three children and have resided here for over fifty-nine years. This is our home and it always will be.


Ken Pierce et son épouse Anne ont élevé leurs trois enfants à Elliot Lake, la petite ville où ils vivent depuis plus de 59 ans.

Elliot Lake, nord de l’Ontario. Nous sommes en 1955. La ville connaît une vague de prospérité à la suite de la découverte d’un gisement de minerai d’uranium. Les États-Unis veulent en tirer le maximum afin d’accroître leurs réserves. Onze mines sont exploitées. La ville d’Elliot Lake est dépouillée de ses forêts. On a bâti des maisons, des églises, des commerces. En 1961, les Américains mettent un terme à leurs achats. Toutes les mines sont fermées, sauf deux. La population passe de 20 000 à 7 000 habitants. En 1970, la demande refait surface et quatre mines sont exploitées jusqu’en 1992. Trois mines sont alors fermées, suivies de la dernière, en 1996. La ville se tourne vers le marché des résidences pour retraités et connaît beaucoup de succès. Située sur une terre parsemée de lacs et d’érables, la ville porte bien le nom de « joyau de la nature sauvage » qu’on lui attribue. J’avais 20 ans quand je suis arrivé à Elliot Lake. C’était en 1957. Anne et moi y vivons depuis plus de 59 ans et y avons élevé nos trois enfants. C’est notre chez-nous et ce le sera toujours.

28. Tony DeMarco

DeMarco’s Confectionary
DeMarco’s Confectionary
Urban Toronto

Tony DeMarco worked in the family business, DeMarco’s, until age ninety-four, when it closed after eighty-six years. This story was told by Judith Jessen, his daughter.

My father brought my mother and me back from Italy when I was twenty-two months old. Our family’s business, DeMarco’s Confectionary, became a local landmark in North Bay for shoppers, students, and churchgoers, receiving many political dignitaries and sports figures during its eighty-six years of business.

When I was a kid, North Bay was a small city of nine to ten thousand people. Most of the streets were not paved, so they were gravel, even the highways. Our homes were heated with coal or wood, and my father would get up in the night to stoke the furnace. My mother would put warm bricks under the blankets at the foot of our beds to keep us warm.

Although we suffered discrimination during the Second World War, I have always felt proudly Canadian. I have to say that I am just an ordinary person who has tried to lead an ethical life.


Tony DeMarco a travaillé au sein de l’entreprise familiale jusqu’à l’âge de 94 ans; DeMarco’s a alors fermé ses portes après 86 années d’activité. Cette histoire a été racontée par sa fille, Judith Jessen.

Mon père nous a ramenés d’Italie, ma mère et moi, quand j’avais 22 mois. Notre entreprise familiale, DeMarco’s Confectionary, est devenue un incontournable à North Bay pour les adeptes du magasinage, les étudiants et les messalisants, ayant accueilli de nombreuses personnalités politiques et sportives au cours de ses 86 ans d’existence.

Quand j’étais petit, North Bay était une petite ville de neuf à dix mille habitants. La majorité des rues n’étaient pas asphaltées; même les autoroutes étaient en gravier. Nos maisons étaient chauffées au charbon ou au bois, et mon père se levait la nuit pour alimenter la chaudière. Ma mère prenait soin de mettre des briques chaudes à nos pieds sous la couverture de notre lit pour nous garder au chaud.

Bien que nous ayons été victimes de discrimination durant la Seconde Guerre mondiale, j’ai toujours été fier d’être Canadien. Je dois dire que je suis une personne ordinaire qui essaie de mener une vie rangée.

29. Sarah Disher-Neddow

Brantford, then and now / Brantford d’hier et d’aujourd’hui
Brantford, then and now | Brantford d’hier et d’aujourd’hui
Tae Hislop

Sarah Disher-Neddow is a community volunteer and small business owner born and raised in Brantford.

My family has proudly lived and worked in Brantford for generations. While officially the size of a city, I have always felt that Brantford carries itself with the spirit of a small town. I am humbled to carry family names whose ancestors are fondly remembered from generations past; I am delighted to see familiar faces grow from schoolyard friends to pillars of our community. I love the feeling of watching people you know embrace local businesses. I am honoured to give back to my community to ensure all our citizens feel as encouraged by their hometown as I do. And when I witness the warm way we welcome friendly new faces and cultures as our city diversifies, I feel confident in the future of my hometown.

Maintaining that small-town community feeling as our cities grow and change, that is my Ontario.


Sarah Disher-Neddow est propriétaire d’une petite entreprise dans sa ville natale de Brantford; elle se dévoue également à titre bénévole au sein de sa communauté.

Ma famille a vécu et travaillé fièrement à Brantford pendant des générations. Officiellement, Brantford est de la taille d’une ville, mais j’ai toujours eu l’impression que Brantford avait gardé l’esprit d’un petit village. C’est avec humilité que je porte des noms de famille d’ancêtres des générations passées qui ont laissé un souvenir impérissable; je suis enchantée de voir des visages familiers passer d’amis de cour d’école à des piliers de notre communauté. J’aime le sentiment éprouvé à observer des personnes qui exploitent maintenant des entreprises locales. Je suis honorée de redonner à ma collectivité pour assurer que tous nos citoyens se sentent encouragés par leur ville natale, comme c’est mon cas. Et lorsque je suis témoin de la façon chaleureuse dont nous accueillons de nouveaux visages amicaux et de nouvelles cultures alors que notre ville se diversifie, j’ai confiance dans l’avenir de ma ville natale.

Le maintien de ce sentiment de communauté de petites villes pendant que nos villes croissent et changent, c’est là mon Ontario.

30. Pardeep Singh Nagra

Sikh heritage / L’héritage des Sikhs
Sikh heritage | L’héritage des Sikhs
Lucas Oleniuk, Toronto Star

Pardeep Singh Nagra is a Canadian athlete, historian, and human rights advocate.

Being born in the Land of Five Rivers — the Punjab — it is only fitting that, since my toddler years, I now call the province of Five Lakes — Ontario, home. Ontario’s plate tag reads, “Ontario, Yours to Discover” And discover I did.

In my journey of discovering the heritage of Sikhs in Canada, I was surprised to discover that Ontario played a critical role in that history. Whether it was Amar Singh and Gopal Singh being given badges for the Order of Oddfellows at Toronto Union Station in 1906 while heading to Harvard, or the moving speeches of Dr. Sundar Singh at the Canada Club and Empire Club in 1911, and 1912. Equally, in the early 1990s various delegations went to Ottawa to advocate for the rights of Sikhs while others like Privates Waryam Singh, Buckam Singh, Lashman Singh, and Hari Singh enlisted in Smiths Falls to serve for Canada in the First World War.


Pardeep Singh Nagra est un athlète canadien, un historien et un défenseur des droits de la personne.

Je suis né au pays des cinq rivières, le Punjab, mais depuis ma petite enfance, je suis ici chez moi en Ontario, dans la province que j’appelle tout naturellement la province des cinq lacs. La plaque de l’Ontario indique « Tant à découvrir » et moi, j’ai pris plaisir à tout découvrir.

Dans mon voyage de découverte de l’héritage des Sikhs au Canada, j’ai été surpris de constater que l’Ontario a joué un rôle crucial dans cette histoire, grâce à Amar Singh et Gopal Singh qui ont reçu des badges de l’Ordre des Oddfellows à la gare Union de Toronto en 1906 avant de se diriger vers Harvard, ou aux discours émouvants de Sundar Singh au Canada Club et à l’Empire Club en 1911-1912. Également, grâce aux diverses délégations qui se sont rendues à Ottawa pour défendre les droits des Sikhs au début des années 1990, ainsi qu’aux soldats Waryam Singh, Buckam Singh, Lashman Singh et Hari Singh qui se sont enrôlés à Smiths Falls pour servir le Canada pendant la Première Guerre mondiale.

31. Ellen Scheinberg

Kensington Market, c. 1979 / Marché de Kensington, vers 1979
Kensington Market, c. 1979 | Marché de Kensington, vers 1979
Toronto Star

Ellen Scheinberg is an author, historian, heritage consultant, and the President of Heritage Professionals.

I grew up in Montreal. During the seventies, it was the largest, most cosmopolitan city in Canada. When my family visited Toronto, my dominant memory of these road trips was the ubiquitous donut and submarine shops. If Montreal was Paris, Toronto was a poor man’s London: large, but a strictly meat-and-potatoes kind of town.

The main exception was Kensington Market. Where Toronto the Good was proper, white, and bland, the Market was colourful, festive and free. It was an oasis of diversity: the tantalizing aroma of exotic foods, the calliope of different languages, and colourful produce peeking out of the vendors’ stalls.

The Market to me represented a pocket in town where a young Jewish girl didn’t have to feel self-conscious about not fitting into the dominant culture. Today, that atmosphere exists across the entire city, and I’m proud to call Toronto home.


Ellen Scheinberg, présidente de Heritage Professionals, est également une auteure, historienne et experte-conseil en patrimoine.

J’ai grandi à Montréal. Pendant les années 1970, c’était la ville la plus grande et la plus cosmopolite du Canada. À l’occasion de nos visites à Toronto, ce dont je me rappelle le plus de nos escapades routières, ce sont les beigneries et les restaurants de sous-marins qu’on trouvait partout. Si Montréal était Paris, Toronto était la Londres du pauvre : elle était grande, mais on n’y trouvait que de la viande et des patates.

La seule exception : le marché de Kensington. Le bon côté de Toronto était correct, blanc et fade, mais le marché était coloré, festif et empreint de liberté. C’était l’oasis de la diversité : l’arôme alléchant des aliments exotiques, l’amalgame de différentes langues et des produits maraîchers hauts en couleur disposés sur les étalages des vendeurs.

Pour moi, le marché, c’était un endroit de la ville où une jeune fille juive comme moi n’avait pas besoin de se préoccuper de s’intégrer à la culture dominante. Aujourd’hui, cette atmosphère imprègne toute la ville, et je suis fière de dire que Toronto, c’est mon chez-moi.