22. Seth

Farmhouse lane / Le chemin de la ferme
Farmhouse lane | Le chemin de la ferme
Seth

Seth is the cartoonist behind the long-running series PALOOKAVILLE. He lives in Guelph with his wife, Tania.

In most Ontario towns you can still find an old fairgrounds. Still vital, the setting for a pumpkin or corn festival, yet somehow they seem a part of the past now. I recall the fairgrounds from our little town. Night images of crowds, a midway, fireworks. Or emptied of people. Quiet. Waiting.

Its most striking feature, a wooden grandstand that towered over a harness-racing track. Often, on summer evenings, I‘d lazily prowl the empty grounds. I remember feeling a strange sensation in that dim, lonely place. I felt it most strongly when climbing the high grandstand bleachers. A kind of delicious boredom. Some sort of shiver. Not every feeling has a name, I guess.

That grandstand looms large in my memories still. It’s long gone now. Even the race track is gone. Though if you look closely, there remains a ghost oval of its shape in the brown grass.


Seth est le bédéiste créateur de la série PALOOKAVILLE. Il vit à Guelph avec sa femme Tania.

Dans la plupart des villes de l’Ontario, on peut toujours trouver un ancien parc d’exposition. Hauts lieux des festivals de la citrouille ou du maïs, ces parcs d’importance vitale semblent maintenant faire partie du passé. Je me souviens du parc d’exposition de notre petite ville. Des images des foules, des attractions et des feux d’artifice en pleine soirée. Ou je revois le parc déserté. Tranquille. En attente.

Sa structure la plus imposante : des gradins en bois surplombant une piste de chevaux de course. Souvent, pendant les soirs d’été, je flânais dans le parc désert. Je me souviens d’avoir ressenti une sensation étrange dans ce lieu sombre, peu fréquenté. Cette sensation était encore plus forte quand j’ai grimpé dans les hauts gradins. Un délicieux ennui s’emparait de moi. J’en avais des frissons. J’imagine qu’il n’y a pas de mots pour décrire toutes les sensations.

Ces gradins prennent encore beaucoup de place dans mes souvenirs. Ils ne sont plus là depuis longtemps, la piste de course aussi. Mais si on regarde bien, on peut voir dans l’herbe brune son fantôme de forme ovale.