88. Ron Maclean

Maple leaf / Feuille d’érable
Sanjeev Kugan

Ron MacLean is host of “Hockey Night in Canada” and “Rogers Hometown Hockey”.

On a crisp November morning, I walk my standard schnauzer, Jackson. It’s windy and my dog is having a field day chasing leaves as they swirl past. The chill of winter is ahead, and I ponder the transformation of Ontario, from the red and gold of autumn to a blanket of snow and ice and hockey.

My impression of Ontario links directly to hockey. Many towns claim the game’s origins, and they each have legitimate stakes. But for me, it took Ontario to popularize the red maple leaf as a symbol of Canada and our province.

Our national flag, inspired by that of Kingston’s Royal Military College, sports a Sugar Maple leaf. The University of Toronto was the first institution to have a red maple leaf logo. In 1908 our first official Canadian Olympic team had a red leaf as team logo, and Conn Smythe named the NHL team in Toronto the Maple Leafs. The sugar maple leaf is ubiquitous to Canada, but it took Ontario to make it so.

And look, Jackson, there’s one coming.

Ron MacLean est l’animateur des émissions « Hockey Night in Canada » et « Rogers Hometown Hockey ».

Par un froid matin de novembre, je promène mon schnauzer moyen, Jackson. Il vente et mon chien s’amuse à chasser les feuilles mortes roulant à nos pieds. La morsure de l’hiver est à nos portes, et je réfléchis aux transformations de la nature ontarienne, qui passe du rouge à l’ocre, à la blancheur de l’hiver et à ses jeux sur glace. J’ai alors pensé au hockey.

Dans mon imaginaire, l’Ontario est synonyme de hockey. Bien des villes affirment être le berceau du hockey, et elles ont toutes de bonnes raisons de le croire. Mais pour moi, c’est l’Ontario qui a fait de la feuille d’érable rouge le symbole du Canada et de notre province.

Le motif de notre drapeau national, la feuille d’érable, s’inspire du drapeau du Collège militaire royal, à Kingston. L’Université de Toronto a été le premier établissement à choisir le logo de la feuille d’érable rouge. En 1908, notre première équipe olympique canadienne avait la feuille d’érable rouge pour logo, et Conn Smythe a baptisé « Maple Leafs » l’équipe de la LNH de Toronto. La feuille d’érable est omniprésente au Canada, mais c’est bien grâce à l’Ontario.

Tiens, regarde Jackson, attrape celle-là.

87. Joseph Hartman

Kim Dorland’s studio / L’atelier de Kim Dorland, 2013
Kim Dorland’s studio | L’atelier de Kim Dorland
Joseph Hartman, courtesy | gracieuseté de Stephen Bulger Gallery

Joseph Hartman is a photographer who lives and works in Hamilton and whose work can be found in several significant Canadian collections.

I feel very lucky to have grown up in rural Ontario, where I spent my summers on the shores of Georgian Bay. I now return to these places from my childhood to photograph them. As well, being the son of an artist, I have many great memories of his studio. That drew me to other artists’ studios, and four years ago I began to photograph studios in southern Ontario, and eventually across Canada.

Kim Dorland’s Toronto studio was the first I photographed for this project. It was a great place to start; his studio was in a frenetic state as he prepared for an upcoming show in New York. There was paint everywhere and it was impossible not to get any on me as I navigated my way around his studio between wet paintings. I found this moment amidst the chaos.

Joseph Hartman est un photographe qui vit et travaille à Hamilton; ses œuvres figurent dans un certain nombre de collections canadiennes d’importance.

Je m’estime très chanceux d’avoir grandi dans une région rurale de l’Ontario, où je passais mes étés sur les rives de la baie Georgienne. Je retourne maintenant à ces lieux de mon enfance pour les photographier. De plus, étant le fils d’un artiste, j’ai beaucoup de magnifiques souvenirs du studio de mon père et c’est ce qui m’a attiré vers les studios d’autres artistes. Il y a quatre ans, j’ai commencé à photographier les studios du sud de l’Ontario et, en définitive, de partout au Canada.

Le studio de Toronto de Kim Dorland a était le premier studio que j’ai photographié pour ce projet. C’était un endroit fantastique où débuter puisque son studio était dans un état frénétique, car Kim se préparait pour une prochaine exposition à New York. Il y avait de la peinture partout et il était impossible de ne pas en avoir sur moi pendant que je me frayais un chemin autour du studio de Kim, entre des tableaux humides. J’ai trouvé ce moment parmi le chaos.

86. Michael Budman

Green and / et Budman
Green and | et Budman
Chris Woods

Michael Budman, CM is a Co-Founder of Roots Canada.

I was ten years old when I first came to Canada on July 1, 1956, from my home in Detroit to Camp Tamakwa in Algonquin Park. I took the train with other campers to Toronto’s Union Station. From there, buses drove us to Algonquin Park where we took a boat to camp.

When I arrived at Tamakwa, everything in my life changed. I saw all these staff members wearing lumberjack shirts and rubber boots. That image stuck with me and had a great influence on me at Roots. It was one of the most important days in my life. Camp became a major influence on me. I’ve leased my own cabin nearby since 1968. That’s where Don Green and I came up with the idea for Roots in 1972. I feel fortunate every day to live in Canada. Moving here was one of the best decisions I ever made.

Michael Budman, CM est un cofondateur de la société Roots Canada.

J’avais 10 ans lorsque je suis venu au Canada pour la première fois, le 1er juillet 1956, depuis mon domicile à Détroit jusqu’au camp Tamakwa, au parc Algonquin. J’ai pris le train avec d’autres campeurs pour me rendre à la station Union de Toronto. De là, des autobus nous ont conduits au parc Algonquin, où nous sommes embarqués dans un bateau à destination du camp.

Lorsque je suis arrivé à Tamakwa, tout a changé dans ma vie. J’ai vu tous ces membres du personnel portant des chemises de bûcherons et des bottes de caoutchouc. Cette image m’a frappé et a eu une grande influence sur moi à Roots. Cela a été l’un des plus importants jours de ma vie. Le camp est devenu une influence majeure sur moi. Je loue mon propre chalet à proximité, depuis 1968. C’est là que Don Green et moi-même avons eu l’idée de Roots, en 1972. Je me sens chanceux chaque jour de vivre au Canada. Déménager ici a été l’une des meilleures décisions que j’aie jamais prises.

85. Karen Kun

Lake Ontario / Lac Ontario
Lake Ontario | Lac Ontario
Karen Kun

Karen Kun is the Founder of Waterlution and a Co-Founder of Greatness: The Great Lakes Project.

Ontario to me is about the Great Lakes, and watching Lake Ontario change through the seasons. I cannot count the times that my family walked the shores of Lake Ontario from our home down to Rattray Marsh. There was no amount of snow, wind, or rain that kept us away throughout the year. I recall my parents saying that we had to adapt for the weather outside. As a young child I felt a kinship with the trees on the shore as I knew they too were adapting with the weather outside. I left Canada in my twenties and lived in many other countries, yet nowhere else felt like home. I learned during that time how lost I was without my lake nearby. These days I get to pass on the tradition to my son and, no matter what the weather is outside, he too never says no to a walk by the lake.

Karen Kun est la fondatrice de Waterlution et la cofondatrice du « Greatness: The Great Lakes Project » (projet sur l’excellence des Grands Lacs).

Pour moi, les Grands Lacs sont la quintessence de l’Ontario et je ne me lasse pas de regarder le lac Ontario se métamorphoser au fil des saisons. Je ne puis compter le nombre de fois où ma famille s’est promenée sur les rives du lac Ontario, depuis notre maison jusqu’au marais Rattray. Rien ne pouvait nous arrêter, ni la neige, ni la pluie, ni le vent. Mes parents disaient toujours qu’il fallait composer avec les éléments. Enfant, je me sentais liée aux arbres qui poussaient sur la rive, car je savais qu’eux aussi devaient s’adapter aux éléments. J’ai quitté le Canada alors que j’étais dans la vingtaine, et j’ai vécu dans bien d’autres pays, pourtant, je ne m’y suis jamais sentie chez moi. J’ai alors compris que j’étais perdue sans mon lac à proximité. Maintenant, je transmets à mon fils nos traditions familiales et, quel que soit le temps, lui non plus ne s’oppose jamais à une promenade au bord du lac.

84. Roberta Bondar

Batchawana Bay / La baie Batchawana
Batchawana Bay | La baie Batchawana
Terry Wurdemann

Roberta Bondar, OC, OOnt is Canada’s first female astronaut. She is also an educator, author, and photographer.

The connection to the natural world began on the northeastern shore of Lake Superior, near Sault Ste. Marie, my hometown. Smells of moist, sun-drenched colonies of lichen on four-billion-year-old pink granite coalesce with sounds of crashing waves, squeaking sand, and a blue jay’s cry against a seagull chorus. It is the stuff of dreams that anchors reality. My life was shaped by Lake Superior nights of shimmering points of light that stared at me from the black beyond. On those wonderful nights of my youth, the calm waters of Batchawana Bay reflected millions of stars while I, a mighty space explorer, parted the Milky Way with the silent precision of my canoe. Places were reversed when, flying overhead in space, I became a twinkling light in the night sky. I looked down upon that big lake and the shoreline that had defined me, and touched them back with awe and gratitude.

Roberta Bondar, OC, OOnt est la première femme astronaute canadienne. Ses activités englobent l’enseignement, l’écriture et la photographie.

C’est sur la rive nord-est du lac Supérieur, près de Sault Ste. Marie, ma ville natale, que j’ai commencé à me connecter avec la nature. L’odeur de l’air humide, les colonies de lichens inondées par le soleil, s’étendant sur une coalescence de pierres de granite rose vieilles de quatre milliards d’années, le son du sable qui glisse sous la force des vagues déferlantes, et le chant du geai bleu qui se heurte au cri des goélands. C’est de cette matière que sont tissés les rêves qui nous habitent. Ces nuits passées sur la rive du lac Supérieur à contempler le lointain horizon qui m’éclairait de sa douce lumière ont façonné ma vie. Dans le silence de ces nuits merveilleuses de ma jeunesse, les eaux calmes de la baie de Batchawana se reflétaient dans les millions d’étoiles pendant que moi, grande exploratrice de l’espace, j’avançais sur la Voie lactée à bord de mon canot avec une précision silencieuse. Les rôles ont été inversés quand, survolant la Terre à des milliers de kilomètres dans l’espace, je devins un point lumineux aux confins de la nuit. Je regardai tout en bas ce grand lac et ses rives qui avaient meublé mes jours et mes nuits, et les contemplai une fois de plus avec respect et gratitude.

83. Adam van Koeverden

Adam van Koeverden
Adam van Koeverden
Daniel Ehrenworth

Adam van Koeverden, a lifelong Ontarian who calls Algonquin Park “home”, is a world and Olympic champion in kayaking.

My first trip to Algonquin Park was with my Grade 8 class in the spring of 1996. We kayaked at Camp Tanamakoon, and I recall thinking how lucky I was to be from Ontario, with so many beautiful lakes and rivers to explore by boat. I returned in the spring of 2008 while preparing for the Beijing Olympic Trials. I saw a “for sale” sign on an old dock and committed the phone number to memory. The Algonquin cottage lease was owned by a man who had recently passed away. His widow insisted that it be purchased by “the right person”. Thankfully, I fit the description and bought a tiny cabin with no electricity or running water. It’s my favourite place and most cherished possession, which has allowed me to share the beauty of our province with friends from around the world as well as my fellow Canadians. A great park thrives with ambassadors and great stewardship, and it’s with tremendous pride that I hope to maintain that obligation for years to come.

Adam van Koeverden, Ontarien de souche établi à Algonquin Park, est un champion du monde et olympique en kayak.

La première fois que je suis allé au parc Algonquin, c’est lors d’une visite avec ma classe de 8e année, au printemps de 1996. Nous avons fait du kayak au camp Tanamakoon, et je me souviens d’avoir pensé que j’étais très chanceux de vivre en Ontario, où il y a de nombreux cours d’eau merveilleux que l’on peut explorer par bateau. J’y suis retourné à l’automne de 2008 alors que je me préparais pour les essais en vue des Olympiques à Beijing. J’ai vu une pancarte « à vendre » sur un vieux quai et j’ai mémorisé le numéro de téléphone. Le chalet algonquin appartenait à un homme qui venait de mourir. Sa veuve insistait pour que ce soit « la bonne personne » qui l’achète. Heureusement, je répondais à cette description, et j’ai acheté un minuscule chalet sans eau courante ni électricité. C’est mon lieu préféré et mon bien le plus précieux. Il m’a permis de faire connaître la beauté de la province à mes amis de l’étranger, mais aussi du Canada. Pour s’épanouir, ce magnifique parc doit pouvoir compter sur des ambassadeurs et des dirigeants consciencieux. C’est avec une immense fierté que j’espère continuer à contribuer à son épanouissement pendant très longtemps.

82. Paul Hebert

Frontenac Provincial Park / Parc provincial Frontenac
Frontenac Provincial Park | Parc provincial Frontenac
Justin Fabian

Paul Hebert, OC is the Director of the Biodiversity Institute of Ontario and the Canadian Barcode of Life Network.

My grandfather was born just north of Kingston on a farm or so his dad called it. It was really a rock patch bordering Devil Lake, the kind of place that crushes agricultural ambition. By 1885, the land had won; no horse-drawn plow would ever furrow it again. My family’s retreat meant that I grew up on the limestone flats bordering Lake Ontario. It was there that I fell in love with nature. Almost seamlessly, my childhood fascination with the seasonal cascade of animals and plants transitioned into a career. I now lead an international project born in Ontario, one using snippets of DNA to register every species on our planet, empowering humanity to protect the magnificent diversity of organisms that share our world. But whenever possible, I return to those cedar-swamped, water-washed granite outcrops just north of Kingston. We call it cottage country. It no longer crushes; it inspires.

Paul Hébert, OC occupe les fonctions de directeur de l’Institut de la biodiversité de l’Ontario et du Réseau canadien des codes à barres ADN.

Mon grand-père est né juste au nord de Kingston, sur une ferme, du moins comme l’appelait son père. C’était plutôt un terrain rocheux en bordure du lac Devil, le genre de place qui anéantit l’ambition agricole. En 1885, le terrain avait gagné; aucune charrue tirée par des chevaux ne l’a plus jamais labouré. La retraite de ma famille a fait en sorte que je grandisse sur les battures de calcaire entourant le lac Ontario. C’est là où je suis tombé amoureux de la nature. Presque sans anicroche, la fascination de mon enfance pour la cascade saisonnière d’animaux et de plantes s’est transformée en une carrière. Je dirige maintenant un projet international qui a pris naissance en Ontario, un projet qui utilise des bribes d’ADN pour enregistrer chaque espèce qui existe sur notre planète, habilitant l’humanité à protéger la magnifique diversité d’organismes qui partagent notre monde. Mais, chaque fois que c’est possible, je retourne à ces affleurements de granite inondés d’eau, envahis de cèdres, juste au nord de Kingston. Nous appelons cet endroit la « région des chalets ». Elle n’écrase plus; elle inspire.

81. Adrienne Clarkson

Georgian Bay / La baie Georgienne
Georgian Bay | La baie Georgienne
Tom Arban

The Rt. Hon. Adrienne Clarkson, PC, CC, CMM, COM, CD served as the twenty-sixth Governor General of Canada (1999–2005).

For me, Ontario is Georgian Bay. This is the place that has the oldest exposed rocks in the world — 1.8 billion years old. They are the roots of what was once a mountain range as high as the Himalayas, stretching down the length of North America. When you lie on them, to look at the Perseid showers of stars in the middle of August, or are startled by the play of the Northern Lights, you realize that you are in a timeless and ageless world. Once, we saw the entire bowl of Heaven dancing with the lights from the centre, which appeared like a large hovering bird, the atmosphere alive and electric with vibrations and streams of light like no other. This is the gift to those of us who are fortunate enough to live in this magical place.

La très honorable Adrienne Clarkson, cp, CC, CMM, COM, CD a été la 26e gouverneure générale du Canada de 1999 à 2005.

Pour moi, l’Ontario c’est la baie Georgienne. C’est l’endroit où l’on retrouve les rochers exposés considérés comme étant les plus vieux au monde, soit 1,8 milliard d’années. Ils sont les fondements de ce qui était anciennement une chaîne de montagnes aussi hautes que l’Himalaya et qui s’étendait vers le sud tout le long de l’Amérique du Nord. Lorsqu’on s’allonge sur ces rochers pour regarder les pluies d’étoiles filantes des Perséides au milieu du mois d’août ou qu’on se retrouve stupéfait par les jeux de lumière des aurores boréales, on constate à quel point notre monde est intemporel. Une fois, nous avons vu les cieux en entier danser avec des lumières qui jaillissaient du centre, ressemblant à un gigantesque oiseau en vol stationnaire, avec l’atmosphère vivante et électrisée de vibrations et de faisceaux lumineux incomparables. C’est l’offrande du ciel faite à ceux qui ont la chance d’habiter cet endroit tout à fait magique.