47. Sanjay Khanna

Midtown traffic / Circulation du centre-ville
Midtown traffic | Circulation du centre-ville
Sam Javanrouh

Sanjay Khanna is a futurist who helps Canadians adapt to twenty-first century challenges such as climate change.

Late-night Uber home mindlessly perusing emails on smartphone. In this woeful self-absorbed state, I realize I’m ignoring the driver who, on closer observation, appears wan and distant. Wondering how I might penetrate his raw loneliness, I gently ask: “Are you able to find meaning in making ends meet?” The driver perks up and replies, somewhat ruefully, “No one’s asked this question before.” Navigating midtown Toronto in the dark, he confides few people evince concern about him. “It’s hurtful,” I say. “One feels invisible.” Soon, we near my apartment. The driver parks beside the building. Rather than bring our conversation to a close, we sit leisurely and converse more freely. We discuss his unrealized aspirations as an educated immigrant (and mine as a writer). We explore where to find meaning amidst life’s vicissitudes. We depart smiling, thanking each other, knowing it’s unlikely we’ll meet again, yet understanding that one another’s inner light was, in a sacred act of listening, briefly evoked.


Sanjay Khanna est un futurologue qui aide les Canadiens à s’adapter aux défis du XXIe siècle, comme celui du changement climatique.

Tard le soir, assis dans un taxi, je consulte mes courriels sur mon téléphone. Je sors tout à coup de cet état de repli sur soi et me rends compte que j’ignore totalement le chauffeur. Il semble pâle et distant. Je me demande comment briser cette solitude et lui demande doucement : « Quel sens pensez-vous qu’il y a au fait d’essayer de joindre les deux bouts? ». Le chauffeur répond avec une pointe de regret : « Personne ne m’a jamais posé cette question ». Il me confie que peu de gens lui témoignent un intérêt. « C’est blessant », précise-t-il. « J’ai l’impression d’être invisible ». Nous approchons de mon appartement. Le chauffeur stationne l’auto près de mon immeuble. Au lieu de conclure notre conversation, nous prenons nos aises et échangeons plus librement. Nous parlons de sa situation d’immigrant instruit et de ses aspirations déçues (et des miennes en tant qu’auteur). Comment trouver un sens aux vicissitudes de la vie? On se quitte en souriant et en se remerciant, sachant que les chances de nous croiser à nouveau sont pratiquement nulles, mais heureux du moment que nous venons de partager par le simple fait d’avoir été à l’écoute l’un de l’autre.