45. Jeanne Beker

Neighbourhood in Toronto / Un quartier à Toronto
Neighbourhood in Toronto | Un quartier à Toronto
Vik Pahwa

Jeanne Beker, CM is a fashion and lifestyle journalist, broadcaster, speaker, and author.

My parents immigrated to Canada in 1948, penniless Holocaust survivors determined to rebuild their shattered lives. They scrimped, saved, and in 1952 made a down payment on a three-storey house in Toronto’s west end. Our family occupied the main floor, while a changing assortment of “roomers” inhabited the other two floors. We couldn’t have afforded to live there if it hadn’t been for tenants subsidizing our mortgage. But they provided more than that for our family. Sharing our home with that eclectic array of characters gave us a sense of camaraderie and extended family. My mother took joy in feeling the household was “leibidich” — “lively” in Yiddish — while my dad delighted in socializing with these international personalities, “interviewing” them at the kitchen table over shots of Crown Royal, exchanging life lessons. That same spirit of community nurtures me today in this glorious province, rife with diverse people who all have such wondrous stories to tell.


Jeanne Beker, CM est une journaliste, animatrice, conférencière et auteure dans le domaine de la mode et des styles de vie.

Mes parents ont immigré au Canada en 1948, sans le sou, des survivants de l’Holocauste déterminés à rebâtir leurs vies brisées. Ils ont ménagé, épargné et, en 1952, ils ont versé un acompte sur une maison à trois étages dans le secteur ouest de Toronto. Notre famille occupait le rez-de-chaussée, alors qu’un assortiment variable de « chambreurs » habitait les deux autres étages. Nous n’aurions pas eu les moyens de vivre là, n’eût été des locataires qui subventionnaient notre hypothèque. Mais ils apportaient plus que cela à notre famille. Le fait de partager notre demeure avec cet assortiment éclectique de personnages nous a donné un sens de camaraderie et de famille élargie. Ma mère prenait plaisir à ce que le ménage soit « leibidich » — « dynamique » en yiddish — tandis que mon père se plaisait à socialiser avec ces personnalités internationales, les « interviewant » à la table de la cuisine en prenant des gorgées de Crown Royal, et échangeant des leçons de vie. Ce même esprit de communauté me nourrit aujourd’hui dans cette glorieuse province, truffée de personnes diverses qui ont toutes de merveilleuses histoires à raconter.