31. Ellen Scheinberg

Kensington Market, c. 1979 / Marché de Kensington, vers 1979
Kensington Market, c. 1979 | Marché de Kensington, vers 1979
Toronto Star

Ellen Scheinberg is an author, historian, heritage consultant, and the President of Heritage Professionals.

I grew up in Montreal. During the seventies, it was the largest, most cosmopolitan city in Canada. When my family visited Toronto, my dominant memory of these road trips was the ubiquitous donut and submarine shops. If Montreal was Paris, Toronto was a poor man’s London: large, but a strictly meat-and-potatoes kind of town.

The main exception was Kensington Market. Where Toronto the Good was proper, white, and bland, the Market was colourful, festive and free. It was an oasis of diversity: the tantalizing aroma of exotic foods, the calliope of different languages, and colourful produce peeking out of the vendors’ stalls.

The Market to me represented a pocket in town where a young Jewish girl didn’t have to feel self-conscious about not fitting into the dominant culture. Today, that atmosphere exists across the entire city, and I’m proud to call Toronto home.


Ellen Scheinberg, présidente de Heritage Professionals, est également une auteure, historienne et experte-conseil en patrimoine.

J’ai grandi à Montréal. Pendant les années 1970, c’était la ville la plus grande et la plus cosmopolite du Canada. À l’occasion de nos visites à Toronto, ce dont je me rappelle le plus de nos escapades routières, ce sont les beigneries et les restaurants de sous-marins qu’on trouvait partout. Si Montréal était Paris, Toronto était la Londres du pauvre : elle était grande, mais on n’y trouvait que de la viande et des patates.

La seule exception : le marché de Kensington. Le bon côté de Toronto était correct, blanc et fade, mais le marché était coloré, festif et empreint de liberté. C’était l’oasis de la diversité : l’arôme alléchant des aliments exotiques, l’amalgame de différentes langues et des produits maraîchers hauts en couleur disposés sur les étalages des vendeurs.

Pour moi, le marché, c’était un endroit de la ville où une jeune fille juive comme moi n’avait pas besoin de se préoccuper de s’intégrer à la culture dominante. Aujourd’hui, cette atmosphère imprègne toute la ville, et je suis fière de dire que Toronto, c’est mon chez-moi.