24. Daniel Poliquin

Sandy Hill, Ottawa / Côte de Sable, à Ottawa
Sandy Hill, Ottawa | Côte de Sable, à Ottawa
Christopher Ryan

Daniel Poliquin, OC is a novelist and translator who lives in Ottawa’s Sandy Hill neighbourhood.

Home to me is Sandy Hill, a historic neighborhood in Ottawa, close to Parliament Hill, home as well to a perennially transient population of students, diplomats, politicians, civil servants, all nostalgic for their real home. I grew up there in the 1950s and 1960s. The place had been deserted by the rich and powerful, who had left behind their stately homes then converted into boarding houses. The place was teeming with large French-Canadian families, low-level functionaries, and dirt-poor immigrants. Social life was centred around the parish, we-French Canadians lived mostly in French, but prejudice was rampant. We felt tolerated though, as did the Jewish shopkeepers and the Italian workers who paved the streets. Now totally gentrified, Sandy Hill is tony once more but the population still has itchy feet. And prejudice is now really a thing of the past. Home is better now.


Daniel Poliquin, OC est un romancier et traducteur qui vit dans le quartier Sandy Hill d’Ottawa.

Ma patrie, c’est la Côte de Sable, un quartier historique d’Ottawa près de la Colline du Parlement, qui était aussi la patrie temporaire d’une foule d’étudiants, de diplomates, de fonctionnaires, tous nostalgiques de leur vraie patrie. J’y ai grandi dans les années 50 et 60. Le lieu avait été alors déserté par la classe patricienne, qui avait laissé derrière ses belles demeures, désormais converties en maisons de chambres. Y habitaient des familles canadiennes-françaises nombreuses, des petits fonctionnaires, des immigrants pauvres comme Job. La vie sociale tournait autour de la paroisse, on y vivait surtout en français, et les préjugés étaient tenaces. Nous nous sentions tolérés toutefois, tout comme les boutiquiers juifs et les travailleurs italiens qui pavaient les rues. Quartier aujourd’hui entièrement gentrifié, la Côte de Sable a retrouvé sa splendeur d’antan et ses habitants sont toujours oiseaux sur la branche. Mais l’intolérance n’y est plus de saison. Ma patrie n’en vaut que mieux.