120. Anar Ali

You’ve Changed
You’ve Changed, 2012
Jimmy Limit/Jesse Harris

Anar Ali is a writer whose story collection, Baby Khaki’s Wings, was a finalist for Ontario’s Trillium Book Award.

When I first moved to Toronto from Alberta, I ached for the endless blue of Prairie sky. I felt closed in by the city’s concrete skyline. Eventually, I met other exiles — people who, like me, had come to the city from around the country and the world with a dream. Mine was to become a writer. Most of us lived south of Queen Street West so we jokingly dubbed our new posse, SOQU — though years later, the name still endures — and it was over these years that we helped each other turn our dreams into reality. Now, many of us live elsewhere. New Delhi, Los Angeles, London, Mexico. A constellation of cities around the world. But it is still SOQU, still Toronto that tethers us, our North Star in a boundless night sky.


Anar Ali est une auteure dont le recueil de récits Baby Khaki’s Wings a été finaliste du concours pour le prix littéraire Trillium de l’Ontario.

Quand j’ai quitté l’Alberta pour aller vivre à Toronto, j’avais la nostalgie du ciel bleu infini des Prairies. Je me sentais prise au piège par les gratte-ciel qui découpaient l’horizon tels des remparts de béton. Au fil du temps, j’ai rencontré d’autres exilés — des gens qui, comme moi, avaient dû quitter leur région du pays et du monde pour migrer vers la ville et y vivre leur rêve. Le mien était de devenir auteure. La plupart d’entre nous vivaient au sud de la rue Queen Ouest, et, à la blague, nous avions à l’époque surnommé notre groupe le SOQU. Plusieurs années plus tard, le sobriquet subsiste toujours, vestige de cette période où nous nous sommes mutuellement aidés à faire de nos rêves une réalité. Aujourd’hui, beaucoup d’entre nous n’y habitent plus. New Delhi, Los Angeles, Londres, Mexico : une constellation de villes à travers le monde. Et c’est toujours SOQU, toujours Toronto, qui demeure notre port d’attache, notre étoile du Nord qui brille dans un ciel nocturne sans fin.